dimanche 3 mars 2013

Genre et stéréotypes de personnalité : un fond de vérité ?

De nombreuses études mettent en évidence des différences entre les hommes et les femmes au niveau de la personnalité. Conformément aux stéréotypes habituels, les femmes sont plus agréables, plus chaleureuses et plus sensibles émotionnellement que les hommes.
On retrouve ces différences entre cultures. Mais, contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre, ces différences sont plus importantes dans les cultures où les rôles sociaux traditionnels sont les moins prégnants.

Deux paradigmes pourtant concurrents sont donc remis en question simultanément :
  • celui qui attribue les différences à la psychologie évolutionniste : si l'origine des différences était purement génétique alors les différences devraient être les mêmes à travers les cultures.
  • celui qui attribue les différences aux rôles sociaux traditionnels : dans ce cas les différences devraient être réduites dans les sociétés plus égalitaires, or l'on observe l'inverse.

Le débat entre nature et culture a donc de longs jours devant lui ! Mais quelque'en soit l'issue un jour je voulais montrer que, au niveau pratique, les stéréotypes doivent être pris en compte de façon plus nuancée que cela est fait habituellement.

Différence significative ne veut pas dire différence systématique

À partir des données collectées par Vadequa (n=6000), j'ai tracé un graphique de la distribution du trait Névrosisme dans la population (il en va de même pour l'Agréabilité). Il met en évidence la relativité de ces différences :



Certes, on observe une différence significative (pour les scientifiques : p < 2.2e-16)  mais il n’empêche qu'une partie importante des femmes ont un névrosisme plus faible que la moyenne des hommes. Ainsi, différence significative ne veut pas dire différence systématique !

En revanche, il faut s'attendre à ce que ces différences significatives aient une influence sur les comportements et explique en partie des conséquences au niveau social (puisque par exemple les personnes au névrosisme élevé vont avoir une aversion plus grande pour le risque et les personnes à agréabilité élevée négocient moins leur salaire).


Exagérer ou nier les différences : des conclusions erronées dans les deux cas

Ainsi, que vous pensez pouvoir expliquer le plafond de verre par des différences de personnalité entre les hommes et les femmes ou que vous cherchiez à expliquer les différences sociales uniquement par mécanismes sociaux, vous risquez fort d'avoir tort dans les deux cas. 

Amusant quand on voit les passions que déclenchent ces débats et les certitudes assénées dans les deux camps...

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Si les biais cognitifs concernant la personnalité vous intéressent consultez mon billet sur l'effet de halo.