dimanche 20 janvier 2013

3 exemples de cultures d'entreprises qui innovent - Partie 3: Morning Star

Dans ma série (partie 1, partie 2) sur les cultures d'entreprises qui innovent, vous avez pu remarquer que je n'ai parlé jusqu'à présent que d'entreprises High-Tech. Qu'en est-t-il des entreprises oeuvrant dans des secteurs plus traditionnels ?

En effet, si Valve peut se permettre un recrutement très élitiste, qu'en est-il lorsque le coeur de métier de l'entreprise est le conditionnement de tomates ? Un ouvrier peut-t-il s'auto-manager comme le fait un ingénieur ?

Taylor vous aurait dit que non et pourtant Morning Star, l'un des plus gros conditionneurs de tomates des États-Unis, y est parvenu.

Pas de boss mais du self-management

Chez Morning Star, il n'y a pas de chef. Où plutôt tout le monde est le chef, à commencer par le chef de soi-même. Chacun fixe sa mission en collaboration avec ses collègues, dans l’intérêt de l'entreprise.
La hiérarchie n'existant pas, il n'existe pas une compétition pour le pouvoir mais une compétition pour l'impact dans une optique d'innovation.

L'entreprise accorde une grande autonomie à ses salariés. Par exemple, ils sont libres de commander eux-mêmes le matériel dont ils ont besoin, sans passer par une bureaucratie étouffante.

La connaissance prime sur le statut

Un des principes de Morning Star est que les décisions sont meilleures lorsqu'elles sont prises par les personnes concernées, c'est à dire sur le terrain.
Ainsi, contrairement à une entreprise traditionnelle, on obtient de la reconnaissance de ses collègues non pas par son statut mais pour ses connaissances.

Le travail collaboratif et la résolution de conflits

Une place importante est accordée à la négociation. Par exemple, l'entreprise est divisée en Business Units qui négocient constamment des objectifs entre-elles. Les salariés négocient aussi entre eux leurs rôles respectifs.

Que se passe-t-il en cas de conflit ? Tout d'abord les salariés ont accès à l'information qui est la base d'une prise de décision efficace. Chaque Busines Unit dispose de son compte de résultat. Regarder les données objectivement peut être un moyen efficace de déminer certains conflits.

Finalement, si les conflits persistent, un processus de conciliation est prévu avec des conseils qui, in fine, peuvent prendre une décision finale en cas de désaccord non résolu.



Ainsi, Morning Star a adopté des principes d'innovation coopérative... sans être une coopérative. Comme je le faisais remarquer dans le billet sur la culture de Valve, un mode de management coopératif n'est pas forcément associé à un mode de propriété coopératif. À l'inverse, une coopérative peut avoir un management traditionnel (comme certaines banques françaises par exemple).
Alors, pour les entreprises qui ont un fort besoin de capitaux (industrie notamment) et qui souhaitent toutefois suivre une approche coopérative, le modèle Morning Star peut être intéressant à explorer...


Pour ceux qui veulent aller plus loin sur Morning Star, voici deux ressources en anglais : une video et un article de l'Harvard Business Review.