dimanche 30 septembre 2012

Leadership de paix, leadership de guerre : les leçons de l'histoire

Churchil, Roosvelt, Staline à Yalta en 1945. Absent : De Gaulle


Figurez-vous qu'il existe une sous-discipline de l'histoire qui est spécialisée dans la psychologie des acteurs historiques : l'histoire psychologique.

Je ne peux pas résister à écrire ma propre interprétation sur les leaders de la seconde guerre mondiale car cela explique le sujet du jour à la perfection : qu'est ce qui fait un bon leader ?

Le leadership de paix

Le leadership de paix est appelé leadership participatif en psychologie. Comme son nom l'indique, il consiste  à organiser le débat en faisant converger les avis vers le consensus. Généralement très efficace, il mène à la satisfaction des suiveurs en augmentant l'implication de tous et la cohésion sociale.

Comme leader de paix, j'ai retenu (un peu vicieusement) Daladier. Il est le signataire des accords de Munich qui "sauvèrent" la paix en cédant une partie de la Tchécoslovaquie à Hitler. Personnellement opposé à la signature de l'accord, il cède sous la pression anglaise. S'attendant à être hué à son retour en France, c'est avec surprise qu'il constate qu'il est acclamé par la foule.

 « Je m'attendais à recevoir des tomates et j'ai reçu des fleurs » écrira-t-il dans ses mémoires.

Le leadership de guerre

Malheureusement pour Daladier et pour le reste du monde, son intuition était juste. Hitler ne se contentera pas des Sudètes et bientôt envahira la Pologne puis enfin la France, paralysée derrière sa ligne maginot.

C'est donc en pleine crise des démocraties qu'émergent deux leaders de guerre qui ne se seraient probablement pas vus confier les mêmes responsabilités en temps de paix : Churchill et De Gaulle. Deux personnalités à la fois visionnaires et autoritaires.

Pour illustrer le personnage, Churchill aura un jour cette phrase : « La démocratie est le pire des régimes - à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. » 

Le leadership de guerre s'appelle leadership transformationnel en psychologie. Il consiste à augmenter le moral des suiveurs en les regroupant autour d'une vision élaborée par le leader. En période de crise, ce style de leadership est plus efficace que le leadership participatif car il diminue l'incertitude engendrée par les avis contraires et permet aux suiveurs de se concentrer de façon autonome sur des tâches clairement assignées.

Attention toutefois à libérer la place une fois la crise finie : malgré sa popularité, Churchill fût rapidement remercié par ses électeurs après la fin de la guerre et de Gaulle traversera la désert politique pendant plus de 10 ans... avant de revenir grâce au déclenchement de la crise en Algérie. La tentation est grande de s'attacher au pouvoir une fois que l'on l'a occupé et de grands leaders transformationnels à leurs débuts ont bien mal fini (comme plus récement Kadhafi mais ceci est une autre histoire).

Le leadership sanglant quoi qu'il arrive...

En effet, le leadership transformationnel peut vite mener à l'autoritarisme, le moyen le plus efficace de rester au pouvoir étant de couper les têtes qui dépassent, comme ce fut le cas lors des grandes purges organisées par Staline en 1936 et la Nuit des longs couteaux dirigée par Hitler contre une faction Nazie rivale.

Et pourtant, même ce type de leadership à sa place : en cas de situation d'extrême urgence ou le temps pour la réflexion est nul.


Alors, avant d'opter pour votre style préféré demandez-vous : sommes-nous en paix ou sommes-nous en guerre ?