lundi 16 janvier 2012

Les introvertis sont-ils plus créatifs ?

Dans son article publié dans le New York Times, Susan Cain part en croisade contre la martyrisation des introvertis.
En entreprise, la tendance actuelle est à la collaboration. Tout est occasion pour brainstormer. 70% de salariés américains travaillent en espaces ouverts. Depuis 1970, la surface par employé a été réduite de 1/3. Ainsi, rapprocher les salariés - physiquement - semble ainsi avoir été la voie choisie pour augmenter leur collaboration et par conséquent leur productivité.

Mais qui a pensé aux introvertis qui préfèrent travailler seuls ? Les introvertis sont moins attirés par les situations sociales car ils ont besoin de moins de stimulation. Et cela n'est pas forcément un handicap. Selon les psychologues cités dans l'article, l'introversion procure des avantages en termes de créativité :
  • moins de distractions, donc la possibilité de mieux s'imprégner de son travail (une personne interrompue fait 50% plus d'erreurs et prend deux fois plus de temps pour achever sa tâche qu'une personne concentrée) ;
  • de l'indépendance, donc la capacité à résister à la pensée dominante... et de créer des choses nouvelles.
Les sessions de brainstorming ne sont d'ailleurs pas la panacée : plus le groupe est grand, plus la performance en termes de qualité et de quantité d'idées décroit. Une exception intéressante est le brainstorming par internet qui s'avère plus efficace que le brainstorming en présentiel. C'est par exemple de plus en plus le cas dans le domaine de la recherche où les travaux scientifiques nécessitent de plus en plus de collaboration mais où les échanges se font à distance.


Bien entendu, il n'est pas question de passer d'une extrême à l'autre : dans un monde de plus en plus complexe et spécialisé, la collaboration est une nécessité. Et il est probable que des personnes extraverties soient plus performantes lorsqu'elles travaillent en groupe. Mais sans doute peut-on envisager la collaboration différemment, en réduisant les brainstormings et les open spaces et en favorisant des interactions plus ponctuelles ou à distance. Les réseaux sociaux semblent donc avoir de l'avenir...