mercredi 14 septembre 2011

Instinct viscéral : bactéries et comportement

bacteria by
Rocky Mountain Laboratories,
 NIAID, NIH.11/2002
Un corps humain compte davantage de bactéries que de cellules humaines.
Entre autres, ces microbes aident à notre digestion sans quoi nos intestins ne pourraient pas fonctionner correctement.

Toutefois, il semble que leur rôle ne s'arrête pas là. The Economist présente le résultat d'un étude (en anglais) sur les souris qui montre que leur comportement et leur humeur sont influencés par le type de bactéries qu'elles ont ingéré.

Ainsi, la bactérie Lactobacillus rend les souris moins anxieuses : elles sont plus aventureuses et sont d'une humeur plus positive. Dans une expérience un peu sadique, les chercheurs ont plongé des souris dans un bocal rempli d'eau d'où elles ne peuvent s'échapper. Or, celles qui ont ingéré la bactérie nagent plus longtemps que les autres avant de devoir être secourues (ce qui est un signe de bonne humeur chez les souris paraît-il).

De là à extrapoler le résultat à des humains, il y a un pas... que certains scientifiques ont commencé à franchir. Par exemple, des traitements à base de bactéries pourraient aider à soulager certains troubles mentaux.


Alors, en attendant de savoir à quel point notre comportement est influencé par les bactéries qui nous composent, nous voici enfin dotés d'un argument pour justifier nos intuitions viscérales (et d'une explication scientifique à la fable des deux grenouilles)

mardi 6 septembre 2011

Créativité : désirée mais rejetée

Light bulb by Anton Fomkin 
La créativité est une valeur qui fait l'unanimité dans tous les types d'organisations : laboratoires de recherche, entreprises, écoles. Il est difficile de trouver un dirigeant d'entreprise qui dit ne pas la valoriser.

Pourtant, d'après une étude à paraître, la créativité serait en réalité rejetée par la majorité des individus. Il y est cité le cas des professeurs qui, bien que citant la créativité comme un objectif pédagogique important, ont de l'aversion pour les élèves curieux et créatifs.

Pour mesurer ce biais anti-créativité, les chercheurs ont eu recours à des mesures implicites visant à réduire les éléments de désirabilité sociale. Il s'agit d'une approche similaire à celle utilisée pour mesurer les attitudes telles que le racisme qui sont difficilement assumées par les individus.

Ce biais serait lié à notre motivation à réduire les risques et l’ambiguïté. Les idées créatives sont vues comme risquées pour plusieurs raisons :

  • son niveau d'utilité et de praticité est inconnu
  • il existe un risque d’échec inhérent à sa nouveauté ;
  • le temps nécessaire à la mise en oeuvre de l'idée est inconnu ;
  • l'individu qui l'exprime peut faire l'objet d'un rejet social.

L'aversion au risque étant plus forte que la recherche de gain chez les humains, cela explique pourquoi une idée créative est difficile à faire adopter, même si l'on démontre ses bénéfices à l'avance.

Diagnostiquer la cause d'un manque de créativité pour une organisation est rendu d'autant plus difficile que, d'après l'étude, les mesures déclaratives placent les idées créatives comme statistiquement aussi désirables que les idées pratiques.