dimanche 13 novembre 2011

Pourquoi il faut avoir le courage d'instaurer une culture de confiance

Langage, Intelligence, Dextérité. Trouverez-vous le mot manquant qui caractérise la nature humaine ?

Il s'agit de collaboration.

Nous sommes des collaborateurs par nature. Même avec des étrangers que l'on a peu de chances de croiser à nouveau, la plupart d'entre nous feront confiance, au risque de se faire escroquer.

Pourquoi sommes-nous si disposés à faire confiance ?
Contrairement à des formes de collaboration entre proches (avec lesquels l'on partage des gènes), les théories de l'évolution n'expliquent pas notre tendance à se montrer altruistes envers des inconnus. Elles n'expliquent pas non plus notre tendance à donner une pièce à un mendiant qui a peu de chance de nous apporter quelque chose en retour.

Une explication possible est que les humains sont dotés d'un besoin de collaborer, ce qui les rend aptes à accomplir des tâches complexes et interdépendantes en se regroupant avec des personnes inconnues.

Collaboration en entreprise
L'existence d'organisations complexes telles que les entreprises est un exemple de notre capacité à collaborer, que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde animal.
Or, la prolifération de mécanismes de contrôle montre que la confiance n'est pas toujours au rendez-vous. Entre pointeuses et notes de frais, combien de temps perdons nous dans des procédures bureaucratiques ?

Les tricheurs
Le fait de faire confiance à une personne renforce sa tendance à faire confiance comme l'explique Paul Zak dans cette vidéo (en anglais), ce qui serait dû selon lui à la libération d'une molécule : l'oxytocin.

Toutefois, la règle ne s'applique pas à tout le monde. 5% des individus ne secrètent pas d'oxytocin et auront tendance à être plus "égoïstes".

Les expériences de jeux en laboratoire montrent que 60% des individus commencent par collaborer mais que cette part se réduit à 10-20% au fur et à mesure des parties du fait que certains joueurs choisissent de "tricher".

Accepter d'être arnaqué
En entreprise, les procédures de contrôle, qui ne devraient concerner qu'une minorité de tricheurs sont mal ciblées et oeuvrent au détriment de la productivité et du bien être de la majorité.

Nous avons tous en tête un exemple de fraude qui justifie la mise en place de contrôles. Mais a-t-on pris le temps d'évaluer le coût de ces procédures qui alimentent un cycle vicieux de perte de confiance ?

Ne serait-il pas plus simple et plus efficace de faire confiance a priori et de punir la minorité de tricheurs qui le méritent en remplaçant la bureaucratie par des contrôles ponctuels - et des punitions systématiques et dissuasives ?


En matière de théorie de l'évolution, il a d'ailleurs été prouvé par modèle mathématique et par des expériences en laboratoire que cela est rentable de faire confiance... même si parfois l'on se fait arnaquer. Après tout, l'humanité en est la preuve.