mardi 6 septembre 2011

Créativité : désirée mais rejetée

Light bulb by Anton Fomkin 
La créativité est une valeur qui fait l'unanimité dans tous les types d'organisations : laboratoires de recherche, entreprises, écoles. Il est difficile de trouver un dirigeant d'entreprise qui dit ne pas la valoriser.

Pourtant, d'après une étude à paraître, la créativité serait en réalité rejetée par la majorité des individus. Il y est cité le cas des professeurs qui, bien que citant la créativité comme un objectif pédagogique important, ont de l'aversion pour les élèves curieux et créatifs.

Pour mesurer ce biais anti-créativité, les chercheurs ont eu recours à des mesures implicites visant à réduire les éléments de désirabilité sociale. Il s'agit d'une approche similaire à celle utilisée pour mesurer les attitudes telles que le racisme qui sont difficilement assumées par les individus.

Ce biais serait lié à notre motivation à réduire les risques et l’ambiguïté. Les idées créatives sont vues comme risquées pour plusieurs raisons :

  • son niveau d'utilité et de praticité est inconnu
  • il existe un risque d’échec inhérent à sa nouveauté ;
  • le temps nécessaire à la mise en oeuvre de l'idée est inconnu ;
  • l'individu qui l'exprime peut faire l'objet d'un rejet social.

L'aversion au risque étant plus forte que la recherche de gain chez les humains, cela explique pourquoi une idée créative est difficile à faire adopter, même si l'on démontre ses bénéfices à l'avance.

Diagnostiquer la cause d'un manque de créativité pour une organisation est rendu d'autant plus difficile que, d'après l'étude, les mesures déclaratives placent les idées créatives comme statistiquement aussi désirables que les idées pratiques.