mardi 15 février 2011

Les 10 pièges cognitifs du recruteur

Le cerveau humain est une jolie machine à prendre des décisions, finement réglée grâce à des millions d'années d'évolution. Il nous est naturel de réaliser des taches extrêmement complexes sans nous en rendre compte. Par exemple, si l'on vous donne une image, ils vous est facile de dire si l'un objet est plus proche qu'un autre. Demandez la même chose à un ordinateur et l'exercice sera nettement plus laborieux. Vous risquez aussi d'avoir bien du mal à expliquer le procédé que vous employez de manière inconsciente.

Toutefois, du fait du nombre extrêmement important d'informations à traiter, votre cerveau se permet souvent l'utilisation de raccourcis... qui mènent à des erreurs. Dans le domaine de la vision, on parle d'illusions d'optique. Il arrive aussi que des prises de décisions qui auraient été pertinentes il y a 100 000 ans lors d'une partie de chasse de mammouth le soient nettement moins de nos jours au bureau. Ces deux types d'erreurs sont aussi appelées biais cognitifs et se retrouvent dans de nombreux domaines, y compris celui du recrutement. En voici dix dont il faut se méfier en priorité :

Biais de confirmation
Nous avons tendance à privilégier la recherche d'informations qui confirment nos idées préconçues et nos hypothèses - ou à interpréter les nouvelles informations dans ce sens.
Lorsque l'on évalue un candidat, aussi séduisant soit-il, il faut faire attention à bien prendre en compte les signes qui vont à l'encontre de nos présupposés. Il ne faut pas non plus oublier de poser des questions autres que celles destinées à nous renforcer dans nos convictions.

Biais de projection
Le biais de projection est le complice du biais de confirmation. Il s'agit de notre tendance à croire que les autres partagent nos états psychologiques, nos pensées et nos valeurs.

Stéréotypage
Lorsque qu'un individu appartient à un groupe, nous avons tendance à croire qu'il a certaines caractéristiques alors que nous ne disposons pas d'informations allant dans ce sens. "Il a fait telles études donc il doit être ... "
Prudence, même si cela est vrai en général, rien ne dit que le candidat devant vous correspond au moule.

Effet de halo
L'effet de halo est proche du stéréotypage. Au lieu de s'appliquer à un groupe d'individus, il s'applique à l'individu lui même. Lorsqu'un individu détient certaines caractéristiques positives dans un domaine, on présume alors que ses caractéristiques dans un autre domaine sont aussi positives. Il en va de même pour les caractéristiques négatives. Par exemple, on a tendance à croire qu'un individu beau est aussi intelligent.

L'effet Dunning-Kruger
Les moins compétents ont tendance à surestimer leurs capacités alors que les plus compétents ont tendance à les sous-estimer. Les premiers ne disposent pas du recul nécessaire à la connaissance de leurs limites alors que les seconds en ont trop conscience.
Méfions nous des experts auto-proclamés.

Ancrage
Il s'agit de notre tendance à se focaliser sur une information particulière - choisie dès le début du processus de décision - afin de prendre une décision plutôt que de prendre en considération toutes les informations que l'on a à sa disposition.
Afin d'y remédier, il faut penser à réévaluer les critères de décision au fur et à mesure du processus de sélection et ne pas perdre son temps à évaluer un aspect qui s'avère au final relativement insignifiant.

Biais "d'extraordinarité"
C'est la tendance a donner plus de valeur à un objet possédant une caractéristique extraordinaire qu'à un autre dans la même catégorie alors que cette caractéristique ne change pas en soi la valeur de l'objet.
Google se vante d'avoir recruté un lutteur de crocodiles à main nues. Cela en fait-il un meilleur ingénieur en informatique ?

L'effet d’ambiguïté
Il s'agit de notre tendance a éviter un choix du fait de l'absence d'informations le concernant.
L'ironie serait de privilégier un candidat dont on sait avec certitude qu'il ne correspond pas à un autre pour lequel on se pose encore la question.

Le biais d'appartenance au groupe
Il s'agit d'un des biais les plus connus : notre tendance à privilégier les gens appartenant à notre groupe. Ce qui est plus surprenant est de savoir que la définition du groupe peut être arbitraire : ceux qui partagent un même anniversaire, ceux qui ont fait "pile" à un lancer de pièce.



Vous avez lu chacun des biais et vous les trouvez évidents ? Impossible pour vous de tomber dans aucun de ces pièges ? Il y a alors fort à parier que vous êtes particulièrement sensible à au moins un biais cognitif : le biais de l'angle mort. Il s'agit du biais qui nous pousse à croire que nous sommes moins sensibles que les autres aux biais cognitifs.