dimanche 5 décembre 2010

Intelligence et performance de groupe

Fidèle lecteur, vous avez suivi les conseils de ce blog et embauché les Einsteins au chômage que vous avez rencontré lors de vos réunions au Mensa. Mission accomplie, vous pouvez sortir votre chaise longue. Les résultats de votre entreprise devraient en toute logique bondir. D'ailleurs Einstein n° 3 vous a calculé des projections de croissance en flèche.

Un dernier doute vous assaille. Einstein travaillait seul non ? La performance collective de votre horde de génies va-t-elle être proportionnelle à leur potentiel individuel ?

Des chercheurs de l'université de Carnegie Mellon se sont penchés sur la question. Ils ont réparti 600 individus en 30 équipes de 5 personnes et les ont fait plancher sur des problèmes afin d'évaluer leur performance. Ensuite, les chercheurs ont mesuré divers critères associés à la performance de groupe : la cohésion et la motivation, l'intelligence individuelle et les personnalités.
Il s'avère que l'intelligence individuelle n'a joué aucun rôle dans la performance des groupes. En revanche, la répartition du temps de parole et la sensibilité sociale des individus ont été les facteurs clés de succès. La sensibilité sociale étant en général d'avantage développée parmi les femmes, une des recommandations des scientifiques et d'augmenter leur proportion dans les équipes.

La NASA l'a compris depuis les années 70 et projetait de recruter d'avantage de profils dotés d'une intelligence émotionnelle élevée afin de construire des équipes capables de cohabiter efficacement dans les futures bases extraterrestres. Le défi pour les responsables RH de la NASA était de réussir à promouvoir des personnes dotées d'une intelligence émotionnelle élevée dans une culture qui privilégiait la rationalité. Malheureusement, faute de nouvelle planète conquise, nous attendons toujours l'application pratique...